
Credit: NOAA
Un échec. C’est ce qu’il ressort de la réunion du Conseil Scientifique de l’Environnement de Bretagne, qui a constaté récemment l’inefficacité de toutes les mesures prises jusqu’alors pour enrayer la prolifération des algues vertes. Le ramassage en pleine mer, comme l’a préconisé la secrétaire d’État à l’Écologie Chantal Jouanno, apparaît également comme une fausse bonne solution. En effet, les zones de ramassage sont difficiles d’accès, et le problème du stockage demeure, car les algues vertes ne sont pas anodines : leur décomposition produit un gaz hautement toxique (du sulfure d’hydrogène), qui peut tuer un homme ou un animal en quelques minutes.
Les algues vertes sont une espèce végétale primitive et très résistante, qui se développe dans les lagunes et dans les zones peu profondes, car elles ont besoin de lumière. Elles prolifèrent en Bretagne depuis une trentaine d’années, à cause de l’activité des agriculteurs qui rejettent l’azote dont elles ont besoin pour se développer (l’augmentation des nitrates dans les cours d’eau a été multipliée par 10 sur les 50 dernières années).
Pour les scientifiques du Conseil, la seule solution viable serait donc une baisse de l’utilisation des fertilisants par les agriculteurs. Reste à déterminer les modalités de mise en œuvre. Les Danois, les Hollandais et les Belges ont mis en place un plafond de fertilisation, des contrôles ciblés et des amendes dissuasives. Cela passe par une réduction du cheptel jusqu’à 30 %, et par un plan social d’accompagnement des producteurs.
Une telle solution est-elle applicable en France ? L’enjeu est de taille, car nous sommes face à un problème fondateur de l’écologie et du développement durable : le choix entre un productivisme toujours plus poussé ou un développement des activités humaines plus respectueux de l’environnement.
Tags: développement durable, écologie, Environnement, merArticles relatifs:
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